Billet de la semaine du 4 Août 2025 – Entre tensions règlementaires, marchés agiles et soif de nouveauté

Temps de lecture estimé : 4 min

Alors que l’été 2025 atteint son apogée, le secteur touristique français est à la croisée des chemins.
Si la volonté de partir en vacances reste forte chez une majorité de Français, la saison révèle un paysage en profonde mutation : pression réglementaire accrue, arbitrages économiques serrés, quête de sens grandissante.

Ce panorama de la semaine s’inscrit dans une actualité mouvante où résilience et innovation deviennent les maîtres-mots de l’été.


Nouvelle réglementation : la location touristique sous haute surveillance

La loi Le Meur continue de remodeler le paysage locatif touristique en France.
Dans les centres urbains à forte pression immobilière, plusieurs communes ont désormais limité à 90 jours/an la location de résidences principales en meublé de tourisme.
Certaines zones vont plus loin : interdiction par délibérations de copropriétés, contrôles renforcés, et amendes allant jusqu’à 10 000 € pour absence de déclaration, voire 20 000 € en cas de fausse déclaration.

Autre mesure à effet progressif : l’exigence d’une performance énergétique minimale (classe E au DPE) pour pouvoir louer en saisonnier dans plusieurs grandes villes. Résultat : de nombreux propriétaires préfèrent remettre leurs biens sur le marché résidentiel… ou entreprendre des travaux de rénovation pour rester dans la course.


Tendances du marché : campagne et montagne raflent la mise

Cet été 2025 confirme des tendances fortes.
Les zones rurales et les stations de montagne enregistrent une hausse moyenne de +20 % de réservations par rapport à l’an dernier.
Les villages de Savoie, du Massif Central, de la Bretagne intérieure ou de la Dordogne vivent une véritable renaissance.
En toile de fond : recherche d’authenticité, de fraîcheur, de calme et d’activités de plein air, avec une clientèle française mais aussi européenne.

Le littoral reste majoritaire (60 % des vacanciers), mais les gagnants se démarquent :

  • Bretagne, Normandie, Pays basque : diversité d’offres, accessibilité, efforts de désaisonnalisation
  • À l’inverse, Paris, Lyon, Nice connaissent un recul de fréquentation, impactées par :
    • la réglementation,
    • la hausse des prix,
    • et les inquiétudes sécuritaires.

Les usages aussi évoluent :

  • Les séjours s’allongent
  • Les réservations de dernière minute explosent
  • La flexibilité devient la norme, augmentant la pression sur l’offre haut de gamme

Aspirations des voyageurs : destinations et envies pour août 2025

Les vacanciers privilégient aujourd’hui des expériences plus ancrées, plus lentes, plus collectives.
Les séjours prisés cet été s’inscrivent dans trois grandes tendances :

Retour à la nature

  • Gîtes ruraux et chambres d’hôtes en Sologne, Gorges du Tarn, Vercors
  • Voyages thématiques autour de la randonnée, du yoga, de la gastronomie ou du vélo

Expériences partagées

  • Groupes d’amis ou familles multi-générations
  • Domaines privatisés, grandes maisons, séjours cocooning avec activités sur place

Événements culturels et sportifs en altitude

  • Foire Avaline à Val d’Isère
  • Festivals artistiques à Vaujany
  • Trails en montagne (Beaufortain, Cévennes, Aravis)

Zoom réservations août 2025

→ En forte progression :

  • Bretagne intérieure
  • Vallée de la Dordogne
  • Montagnes d’Auvergne

→ En recul relatif :

  • Paris, Marseille, Nice, dont l’offre urbaine souffre de désaffection estivale

→ En consolidation :

  • Normandie littorale
  • Stations des Alpes et du Massif Central

Pour aller plus loin


Résilience, adaptation, désir d’essentiel

L’été 2025 rebondit avec vitalité et contrastes.
À la croisée des chemins, le tourisme français est contraint de se réinventer en profondeur :
Entre réglementation, innovation, et désir de nature, chaque acteur – voyageur, hébergeur, législateur – doit composer avec l’incertitude… mais aussi avec une envie collective de mieux voyager.


À suivre la semaine prochaine :

Vacances et écologie : la nouvelle équation du tourisme responsable