Billet de la semaine du 22 juillet 2025 – Tourisme en mutation : entre régulation, nouvelles tendances et bouleversements
Entre encadrement renforcé des meublés touristiques, ruée vers la campagne et nouvelles habitudes de voyage, le secteur touristique connaît une transformation accélérée.
Cet article fait le point sur le tourisme en pleine mutation en France en 2025, entre l'encadrement renforcé des meublés touristiques via la loi Le Meur, l'essor des locations saisonnières, le retour vers la campagne et les nouvelles aspirations des voyageurs. Un panorama destiné à ceux qui veulent comprendre les grandes tendances du voyage et leurs implications pratiques.
Que change la loi Le Meur pour les meublés touristiques ?
Face à la croissance rapide des locations de courte durée en France, la loi promulguée le 19 novembre 2024, dite « loi Le Meur », marque un tournant. Elle vise à rééquilibrer l'espace urbain entre résidents permanents et touristes.
- Déclaration obligatoire : toutes les locations de meublés touristiques devront être déclarées en mairie avant le 20 mai 2026.
- Numéro d'enregistrement : délivré uniquement après vérification que le logement est bien la résidence principale du propriétaire, il devra figurer sur toutes les annonces.
- Objectif : lutter contre la spéculation immobilière et préserver la vie locale dans les centres-villes.
Quels nouveaux pouvoirs pour les communes ?
La loi renforce les leviers des collectivités locales, particulièrement attendus dans les zones dites « tendues » comme Paris, Annecy, Lyon ou Bordeaux. Les mairies pourront :
- Limiter la durée de location : jusqu'à 90 jours par an pour les résidences principales.
- Définir des quotas : encadrer le nombre de meublés touristiques par quartier ou secteur.
Quelles sanctions en cas de non-respect ?
Le durcissement du cadre légal s'accompagne de sanctions lourdes :
- 10 000 euros d'amende en cas d'absence de déclaration.
- 20 000 euros d'amende en cas de fausse déclaration de résidence principale.
Le marché des locations saisonnières est-il toujours porteur ?
Réglementation ou non, le marché poursuit sa croissance. Sur les quatre premiers mois de 2025 :
- Annonces actives : progression de 7 pour cent.
- Nuitées : bond de 28 pour cent.
- Taux d'occupation : 58 pour cent, soit 18 pour cent de plus qu'en 2024.
- Prix moyen par nuitée : 128 euros, avec une tendance annuelle à la hausse.
L'offre se professionnalise et la demande internationale s'intensifie, poussant les hôtes à affiner leur proposition.
Où partir en location en France en 2025 ?
Quelques zones géographiques tirent leur épingle du jeu :
- Pays d'Auge, Normandie : gîtes champêtres, vergers et maisons à colombages, prisés des familles.
- Luberon (Bonnieux, Lacoste) : bastides en pierre, piscines et vues imprenables.
- Alsace (Riquewihr, Eguisheim) : charme traditionnel, marchés de saison et maisons à colombages.
- Côte basque (Bidart, Guéthary) : villas contemporaines et surf lodges confidentiels pour les tribus estivales.
Quelles sont les nouvelles aspirations des voyageurs ?
Les vacanciers de 2025 recherchent des expériences, de la lenteur et du sens. Trois tendances se dégagent :
- Retour vers la campagne : contact avec la nature, qualité de l'accueil et authenticité des paysages, favorisés par le télétravail et les mobilités douces.
- Voyages thématiques : randonnées en itinérance (GR10, Chemin de Stevenson), stages de cuisine ou d'oenologie, retraites de yoga, ciné-tourisme.
- Voyages collectifs : familles élargies, groupes d'amis et communautés recherchent des grands gîtes modulables et des domaines privatisables.
Quels risques pèsent sur le secteur ?
Derrière l'enthousiasme, plusieurs signaux méritent vigilance :
- Surtourisme : des villes comme Nice, Marseille ou Strasbourg voient leur fréquentation baisser, entre saturation, inflation et image dégradée.
- Géopolitique : conflits, incertitudes diplomatiques et blocages aériens fragilisent les flux.
- Climat : incendies, inondations et vagues de chaleur se multiplient, affectant la confiance des voyageurs, le coût des assurances et la programmation des opérateurs.
Le tourisme de demain devra être plus respectueux, mieux réparti, éthique et désaisonnalisé, en cherchant l'équilibre entre cadre réglementaire et créativité.
FAQ : tourisme et locations en 2025
Quand faut-il déclarer un meublé touristique en mairie ?
Toutes les locations de meublés touristiques devront être déclarées en mairie avant le 20 mai 2026, avec obtention d'un numéro d'enregistrement à faire figurer sur les annonces.
Combien de jours par an peut-on louer sa résidence principale ?
Les communes pourront limiter la location des résidences principales à 90 jours par an, notamment dans les zones tendues.
Quelles amendes prévoit la loi Le Meur ?
L'absence de déclaration est passible de 10 000 euros d'amende, et une fausse déclaration de résidence principale de 20 000 euros.
Quel est le prix moyen d'une nuitée en location saisonnière ?
Le prix moyen par nuitée s'établit à 128 euros en 2025, avec une tendance annuelle orientée à la hausse.
Quelles régions françaises sont les plus prisées en 2025 ?
Le Pays d'Auge en Normandie, le Luberon, l'Alsace et la Côte basque figurent parmi les destinations phares de l'année.